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[đŸ‡ŻđŸ‡”] Notre expĂ©dition au Japon

Du 30 octobre au 14 novembre 2017, nous sommes allés découvrir la gastronomie à six pattes au Japon !

World Map japon v2

Et de un ! \( ïŸŸăƒźïŸŸ)/ Si vous voulez en savoir plus sur les huit pays que nous avons inclus dans notre itinĂ©raire et les insectes que nous espĂ©rons y cuisiner, cliquez donc ici.

Le Japon est l’un des rares pays dits du « Nord » oĂč la consommation d’insectes reste encore pratiquĂ©e. LocalisĂ©e surtout dans le centre montagneux du pays, c’Ă©tait un bon moyen d’ajouter quelques protĂ©ines dans son bol, quand le poisson et la mer Ă©taient difficiles d’accĂšs. Aujourd’hui, beaucoup moins de japonais mangent des insectes, mais la tradition perdure.

Notre expédition au Japon en vidéo !

Riz 1

La saison idĂ©ale pour goĂ»ter aux insectes japonais, c’est l’automne. Accessoirement, l’automne est aussi une saison idĂ©ale pour visiter le Japon. (Bon, on dit ça, mais le Japon est ce genre de pays magnifique oĂč CHAQUE saison est une saison idĂ©ale pour le visiter. On est bien tombĂ©s, du coup.) Nous avons donc lancĂ© la premiĂšre expĂ©dition de notre projet en ces deux premiĂšres semaines de novembre, direction le centre japonais !

Au menu : des criquets, des frelons, des zazamuchis et des guĂȘpes – BEAUCOUP de guĂȘpes. Voici un bref rĂ©sumĂ© de notre expĂ©dition dans son ensemble – des articles dĂ©taillĂ©s sont Ă  venir !

Itinéraire japon 2

VoilĂ  ce qu’a donnĂ© notre itinĂ©raire Ă  travers la campagne automnale japonaise.

TOKYO – 31/10/2017 au 02/11/2017

Notre avion a atterri le mardi 31 octobre Ă  l’aĂ©roport de Narita, Ă  Tokyo.

Nous avons Ă  peine le temps de sortir de l’avion que nous avons Ă©tĂ© interceptĂ©s par l’Ă©quipe TĂ©lĂ©de tournage de Why Did You Come To Japan, une Ă©mission tĂ©lĂ©visĂ©e qui vient Ă  votre rencontre Ă  l’aĂ©roport pour vous demander ce que vous venez faire au Japon. Et si votre voyage les intĂ©resse, ils vous suivent pour en dĂ©couvrir plus ! Et c’est prĂ©cisĂ©ment ce qui nous est arrivĂ© ici. Nous leur avons parlĂ© du projet des Criquets Migrateurs, des insectes qu’on espĂ©rait goĂ»ter au centre du Japon, du festival de la guĂȘpe, et ça les a intriguĂ©s. On s’est donc donnĂ© rendez-vous pour faire une partie de l’expĂ©dition ensemble. On voulait faire dĂ©couvrir la gastronomie Ă  base d’insectes au public francophone, eh bien on dirait qu’on est partis pour la faire dĂ©couvrir au public japonais aussi !


KUSHIHARA – 02/11/2017 au 10/11/2017paysage

AprĂšs avoir essayĂ© de survivre au dĂ©calage horaire, nous avons rĂ©cupĂ©rĂ© notre voiture de location le jeudi matin et nous nous sommes mis en route, direction le village de Kushihara, dans la prĂ©fecture de Gifu. ArrivĂ©s sur place, nous nous sommes installĂ©s au centre rĂ©crĂ©atif d’Okuyahagi, une ancienne Ă©cole primaire rĂ©amĂ©nagĂ©e en dortoir. Nous y avons centrerencontrĂ© Naoko-san, qui a Ă©tĂ© notre interprĂšte et notre guide pendant tout notre sĂ©jour Ă  Kushihara.

Le lendemain, Naoko-san nous a amenĂ©s au festival de la guĂȘpe de Kushihara ! Cet Ă©vĂ©nement est essentiellement une foire Ă  la guĂȘpe, oĂč des visiteurs venus des quatre coins de la rĂ©gion peuvent venir, soit pour y acheter des nids, soit pour y vendre les leurs. Et autant vous dire que les nids partaient vite, comme des petits pains : malgrĂ© un prix qui nous paraissait Ă©levĂ© (on est sur 8 000 yen le kg, soit 60 €/kg !) tout est parti. Ce festival a aussi Ă©tĂ© pour nous l’occasion de commencer Ă  Ă©tudier le sujet pour lequel nous sommes venus au Japon, puisque pour rĂ©galer tous ces festivaliers affamĂ©s, il y avait ce qu’ilfestiv2 faut: riz Ă  la guĂȘpe, shochun au frelon, et les excellents gohei mochis Ă  la guĂȘpe, ces gĂąteaux au riz avec une sauce caramĂ©lisĂ©e sur des petits bĂątonnets. C’Ă©taient les premiers insectes japonais que nous avons pu goĂ»ter, et wow, on en redemande ! Notre article dĂ©taillĂ© sur cet Ă©vĂ©nement arrive bientĂŽt =D

Le samedi 4 octobre, le lendemain du festival, nous sommes entrĂ©s dans le vif du sujet : oshima.jpgNaoko-san nous a prĂ©sentĂ©s aux Oshima, un couple adorable qui nous a beaucoup parlĂ© de la consommation et de l’Ă©levage de la guĂȘpe Ă  Kushihara. Ancien pompier et prĂ©sident du conseil pour la promotion de la rĂ©gion d’Okuyahagi, monsieur Oshima a gardĂ© son dernier nid de guĂȘpe au chaud exprĂšs pour pouvoir nous montrer comment il les Ă©lĂšve. Tout commence avec la capture d’un nid de guĂȘpe au printemps : on attire une guĂȘpe avec un morceau de viande, on l’attrape et on y attache un petit morceau de tissu blanc. Quand les participants la relĂąchent, ils tentent alors de la suivre jusqu’Ă  son nid en essayant de ne pas perdre de vue ce tissu, en courant Ă  travers la forĂȘt et en grimpant aux arbres si nĂ©cessaire; une fois le nid trouvĂ©, on le dĂ©terre, on le met dans une ruche, et on nourrit la colonie pendant les mois qui suivent pour la faire Sashimis 2grossir. Monsieur Oshima donne de l’eau sucrĂ©e et de la viande aux siennes – habituellement du calamar ou du foie de volaille. De moins de 500 grammes, le nid passe Ă  deux ou trois kilos – voire mĂȘme Ă  cinq ou six kilos pour les plus gros !

sakĂ©Quant aux frelons… Eux aussi sont trĂšs populaires, mais c’est une autre paire de manche. Garder un nid de guĂȘpe derriĂšre sa maison est une chose, garder un nid de frelons est absolument exclu : la piqĂ»re de ces insectes est tellement violente qu’elle peut ĂȘtre mortelle. Dans ces conditions, les frelons sont exclusivement collectĂ©s dans la nature. On repĂšre leurs nids de la mĂȘme façon que l’on repĂšre ceux des guĂȘpes – ou alors, encore plus simple, on attend qu’un villageois trouve un nid de frelon dans son jardin et cherche Ă  s’en dĂ©barrasser. On s’Ă©quipe alors d’une tenue protectrice, et on dĂ©terre le nid Tempuras 2pour rĂ©cupĂ©rer les rayons contenant les larves et les nymphes, en faisant bien attention de ne prendre aucun frelon adulte. Ceux-ci peuvent toutefois ĂȘtre collectĂ©s vivants dans des bocaux d’alcools – gĂ©nĂ©ralement du whisky ou du shochun, un alcool de riz. Ils y macĂšrent alors pendant plusieurs annĂ©es… Et la liqueur parfumĂ©e aux frelons est dĂ©gustĂ©e aux grandes occasions. Et, oui, Ă©videmment, nous y avons goĂ»tĂ© : nature, le shochun est un alcool assez fort mais avec relativement peu de goĂ»t. Le frelon lui donne une chouette saveur assez lĂ©gĂšre, qui ne reste pas trĂšs longtemps en bouche mais qui lui donne du caractĂšre; pour vous donner un Ă©lĂ©ment de comparaison, imaginez la diffĂ©rence entre une kronenbourg et une biĂšre artisanale locale. C’est une boisson impressionnante, mais une curiositĂ© dĂ©licieuse et non un dĂ©fi trop fortement alcoolique.

Quant Ă  madame Oshima, ancienne cuisiniĂšre qui tenait avant sa retraite un restaurant, elle nous a parlĂ© Nymphes poĂȘlĂ©es 4de ses recettes Ă  base de guĂȘpes, dĂ©monstration Ă  l’appui : beignets Ă  la guĂȘpe et au frelon, frelons et guĂȘpes poĂȘlĂ©es, guĂȘpes confites, riz Ă  la guĂȘpe… On a enfin abordĂ© le sujet prĂ©cis pour lequel nous sommes venus au Japon. Madame Oshima a fait la part des chose entre ce qui tient de la gastronomie traditionnelle Ă  base d’insectes et des recettes plus expĂ©rimentales : habituellement, ce sont les nymphes et les larves des guĂȘpes et des frelons qui sont consommĂ©es. Une recette facile pour prĂ©parer les larves de guĂȘpe est le hebo gohan, ou riz Ă  la guĂȘpe : il suffit de mettre du riz, du sakĂ©, de la sauce soja et une bonne poignĂ©e de larves de guĂȘpe dans l’autocuiseur de riz, laisser cuire, et le tour est jouĂ© ! Mais madame Oshima n’en reste pas lĂ . Elle a dĂ©veloppĂ© des recettes qui permettent de dĂ©guster Ă©galement les guĂȘpes adultes, qui sont habituellement dĂ©laissĂ©es au profit des nymphes et des larves : elle les prĂ©pare en tempuras, les beignets frits japonais, ou en tsukudani, quiguc3aapes-confites-1.jpg est une mĂ©thode permettant de confire les aliments – habituellement la viande – pour la conserver longtemps. MĂȘme les frelons adultes y passent : une fois qu’ils ont macĂ©rĂ© dans l’alcool, habituellement ils sont jetĂ©s. Sauf si madame Oshima arrive Ă  mettre la main dessus avant ! C’Ă©tait l’occasion de commencer Ă  tourner notre vidĂ©o culinaire pour prĂ©senter les recettes. Madame Oshima s’est gentiment prĂȘtĂ©e Ă  l’expĂ©rience, en acceptant de tourner dans la vidĂ©o et de nous expliquer en dĂ©tail les Ă©tapes de prĂ©paration des guĂȘpes et des frelons.

daisukeNous avons aussi profitĂ© de notre sĂ©jour Ă  Kushihara pour rencontrer Daisuke et Shoko Miyake. Daisuke est le prĂ©sident de l’association locale d’apprĂ©ciation de la guĂȘpe, et Shoko est professeure d’anglais. Ils nous ont parlĂ© de l’organisation du festival de la guĂȘpe, et des difficultĂ©s qu’ils rencontrent : car mĂȘme si la demande est lĂ , mĂȘme s’il ne manque pas de gens pour manger les guĂȘpes et mĂȘme si le festival connaĂźt un succĂšs grandissant, ils manquent de gens pour l’organiser et pour Ă©lever les guĂȘpes en question. De plus, il y a la question de l’allergie aux piqĂ»res :  bien que les avertissements vis-Ă -vis de la dangerositĂ© des guĂȘpes fassent partie de la communication autour du festival, les organisateurs craignent qu’une administration se penche sur leur festival traditionnel et le dĂ©clare trop risquĂ© pour continuer Ă  avoir lieu. Naoko nous a aussi parlĂ© de la tendance des mĂ©dias japonais Ă  prĂ©senter leur tradition comme bizarre et digne de moqueries, contrairement Ă  d’autres traditions japonaises davantage respectĂ©es, ce qui peut nuire au maintien du festival. C’est lĂ  que nous avons rĂ©alisĂ© Ă  quel point une reprĂ©sentation positive et engageante de l’entomoculture est non seulement nĂ©cessaire pour que le public s’y intĂ©resse, mais aussi vitale pour le maintien des traditions et de toute la culture qui s’est construite autour des insectes.

Nous avons profitĂ© de cette rencontre avec Shoko Miyake pour lui demander la recette des gohei mochi aux guĂȘpes, notre coup de cƓur du festival. Avec cette recette en poche, maison 2nous nous sommes installĂ©s dans une petite maison traditionnelle Japonaise pour tourner notre premiĂšre vidĂ©o culinaire, qui prĂ©sentera enfin les recettes Ă  base d’insectes que nous avons pu goĂ»ter.

Et donc, voici le résultat !

Au menu : tempuras aux guĂȘpes et aux frelons, guĂȘpes confites façon tsukudani, guĂȘpes et frelons poĂȘlĂ©s, riz Ă  la guĂȘpe, hebo gohei mochi, criquets façon tsukudani et sashimi aux guĂȘpes

(Nous allons aussi rĂ©aliser un Ă©pisode documentaire pour parler de tout ce que nous avons vu au Japon – il ne devrait pas tarder Ă  sortir ! Pour ne rien rater, n’hĂ©sitez pas Ă  vous abonner Ă  notre chaĂźne YouTube.)


INA – le 07/11/2017

tsukaharaLe mardi 7 novembre, nous avons rencontrĂ© le professeur Kenichi Nonaka, qui est LE spĂ©cialiste japonais des insectes comestibles. Il a eu la gentillesse de nous emmener Ă  Ina, dans la prĂ©fecture de Nagano, pour nous prĂ©senter Ă  monsieur Tsukahara. Ce dernier tient une boutique dans laquelle il vend de nombreuses spĂ©cialitĂ©s locales prĂ©parĂ©es en tsukudani, un mode de cuisson consistant Ă  faire bouillir les ingrĂ©dients dans de la sauce soja, du sakĂ© et du sucre, et qui permet de conserver les denrĂ©es pendant de longues durĂ©es. Il propose des anguilles et des petits poissons, mais aussi des criquets, des vers Ă  soie, des guĂȘpes et des zazamuchis (de petites larves d’insectes aquatiques). Tout est prĂ©parĂ© en tsukudani, mais la saveur et la texture de chaque insecte est bien caractĂ©ristique et reste discernable. Il nous a donnĂ© la recette pour prĂ©parer des criquets – des inago – de cette façon, ce qui a fait un chouette ajout pour notre vidĂ©o culinaire.


RE-TOKYO – 10/11/2017 au 14/11/2017

Le vendredi 10 novembre, il Ă©tait dĂ©jĂ  temps deretour-tokyo-3.jpg rentrer Ă  Tokyo, notre avion pour la France dĂ©collant le mardi 14. Mais notre aventure japonaise n’Ă©tait pas tout Ă  fait terminĂ©e : le samedi, monsieur Shoichi Uchiyama a organisĂ© un atelier de cuisine Ă  base d’insectes comestibles. Pour le coup, avec nos dates de voyage, on est bien tombĂ©s ! Mais cette fois-ci, pas de frelons ou de guĂȘpes au menu… Ou plutĂŽt, pas de la façon dont on a pu les manger au cours de la semaine prĂ©cĂ©dente. Car l’objectif de monsieur Uchiyama est d’explorer d’autres recettes que les plats traditionnels. On a donc pu utiliser des larves de frelons, des guĂȘpes adultes et des exuvies de cigales pour prĂ©parer du risotto, des tacos sucrĂ©s et des falafels. Notre article sur le sujet arrive bientĂŽt !

 

Nous voilĂ  donc de retour en France.

Nous repartons déjà début avril, pour poursuivre notre voyage autour du monde; notre prochaine destination : le Cambodge. (Si vous voulez en savoir plus sur notre itinéraire, je vous invite à lire cet article sur le sujet)

En attendant, on travaille dur pour organiser la suite du voyage, trouver des sponsors ( 😉 ), et bien sĂ»r Ă©crire les articles et monter les vidĂ©os qui raconteront tout ce qu’on a vu au Japon. Restez Ă  l’affĂ»t, tout ça ne devrait pas tarder Ă  sortir !

 

Un grand merci Ă  Nicolas CĂ©sard, Charlotte Payne, Joost Van Itterbeeck, Roberto Flore et Michael BĂžm Frost pour leurs contacts prĂ©cieux; on remercie aussi Ă©normĂ©ment Naoko Doble, les Miyake, les Oshima, Dr. Kenichi Nonaka, M. Tsukahara et M. Uchiyama pour leur accueil chaleureux, leur bonne humeur et leur enthousiasme, et pour avoir partagĂ© leurs connaissances et leur culture avec nous ! Et merci aussi Ă  l’Ă©quipe de Why Did You Come To Japan pour avoir fait une petite partie du voyage avec nous 🙂

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